Depuis toujours, Guillaume Cristiano partage son temps entre le sport, la création et l'univers automobile. Étudiant en design produit à l'ESDAC, il a choisi de réunir ses passions à travers un projet de mémoire innovant autour du tennis.
Entre technologie, ergonomie et design, Guillaume développe FlowCourt, un dispositif de ramassage de balles 100% autonome pensé pour moderniser l'expérience du tennis de haut niveau. Un projet ambitieux qui reflète déjà sa vision du design : créer des objets utiles, innovants et pensés pour l'expérience utilisateur.
Un parcours entre dessin, construction et sport
Âgé de 20 ans, Guillaume est actuellement en 3e année de Bachelor Design Produit à l'ESDAC d'Aix-en-Provence, après un bac scientifique spécialités mathématiques et NSI. Il raconte avoir toujours aimé créer des choses, que ce soit à travers le dessin de voiture pratiqué depuis l'enfance ou en volume, notamment via la construction (Lego et autres jeux de construction).
Sa passion pour le tennis lui vient de stages multisports découverts enfant. Il s'est ensuite inscrit et n'a plus arrêté, commençant les compétitions vers 10-12 ans, en équipe et en individuel, jusqu'à atteindre un classement de 15/1 à son meilleur niveau. Le double parcours sport et design n'a pas toujours été une évidence : au début de ses études, il a dû ralentir son rythme d'entraînement, mais il aime aujourd'hui lier ses deux passions dans ses projets.
Comment est née l'idée de FlowCourt
En début de 3e année à l'ESDAC, un workshop d'une semaine consacré à la recherche d'un sujet de mémoire l'a amené vers le tennis, domaine qu'il connaît déjà très bien. Après plusieurs mois d'analyse approfondie, il s'est intéressé au ramassage de balles en compétition, se demandant pourquoi cette pratique n'avait jamais évolué. Il a alors découvert de nombreux problèmes liés au ramassage, et décidé d'innover pour redynamiser le tennis face à la pratique croissante du padel, en développant le premier dispositif de ramassage de balle totalement autonome en matchs.
En analysant les ramasseurs de balles sur de nombreux matchs, Guillaume a constaté un manque de respect récurrent envers eux de la part de certains joueurs stressés, ainsi que des cas de malaises liés à la chaleur et au temps passé sur le court, particulièrement lors des matchs de Grand Chelem. Il arrive également que les ramasseurs reçoivent des balles à plus de 200 km/h, un danger réel qui l'a poussé à se pencher sur le sujet.
Qu'est-ce que FlowCourt ?
FlowCourt est le premier dispositif de ramassage de balles 100% autonome pour la compétition. Le système s'intègre au terrain avec une borne centrale de chaque côté du court qui collecte et redistribue les balles, des rigoles à filets guidant 70% des balles vers la borne, et deux drones autonomes qui interviennent en complément sur les zones non couvertes pour gérer les 30% restants.
L'expérience de jeu des joueurs change totalement : ils n'auront plus besoin d'aller chercher leurs balles ou leurs serviettes auprès des ramasseurs, la borne centralisant les deux. Entre chaque point, ils pourront se rendre directement à leur borne au fond du court. Un responsable de court restera présent pour gérer les changements de balles tous les sept jeux et les situations exceptionnelles. Guillaume ne souhaite pas supprimer les ramasseurs de balles sur tous les tournois : son projet vise d'abord l'UTS, des tournois qui prônent le spectacle et une ambiance renouvelée entre joueurs et spectateurs, avant d'envisager d'autres tournois professionnels comme Roland-Garros ou l'Open d'Australie.
Une conception pensée pour l'ergonomie
La borne a été conçue pour tout centraliser en un seul objet, avec une réflexion ergonomique pour que le joueur ait rapidement tout à disposition. Deux patères sont installées de part et d'autre de la borne pour les serviettes, chacune équipée d'un système de ventilation permettant de sécher les serviettes et les mains des joueurs entre les points.
Pour les balles, Guillaume a développé un drone capable de les récupérer et de les relâcher de façon autonome, grâce à plusieurs capteurs et caméras qui l'aident à se localiser sur le court et à repérer les balles rapidement. Un système de diaphragme sous le drone permet de récupérer et de relâcher les balles dans la borne.
Une méthode de travail structurée
Guillaume a d'abord mené une analyse profonde du tennis et de son écosystème, puis un benchmark du marché. Pour l'entraînement, il a identifié des solutions existantes comme le Tennibot, un robot autonome programmable par application permettant de récupérer un gros flux de balles. Mais pour la compétition, aucune alternative aux ramasseurs de balles n'existait, l'obligeant à partir de zéro. Il s'est alors tourné vers la robotique, observant ce qui se faisait dans le domaine domestique (robots aspirateurs, robots tondeuses) puis du côté des drones, avant d'élaborer un cahier des charges complet et de développer FlowCourt.
Des contraintes techniques nombreuses
Le projet comportait de nombreuses contraintes : ne pas gêner les joueurs ni le public, garantir la sécurité, intégrer le dispositif au court de tennis et le rendre efficace sur tous les cas de figure d'un match. Les bornes possèdent ainsi une forme profilée à l'avant permettant aux balles qui rebondissent dessus de repartir sur les côtés plutôt qu'au milieu du court. Le drone intègre un cercle de protection autour des pales pour être sécurisé en cas de choc, ainsi que plusieurs capteurs et caméras pour se repérer dans l'espace, localiser les balles et agir au bon moment.
Ce projet lui a appris énormément sur des domaines qu'il ne connaissait pas forcément, comme les drones, la technologie ou l'impression 3D, et lui a surtout permis de mesurer à quel point le métier de designer est passionnant : il faut réussir à trouver des solutions qui allient fonctionnalité, esthétisme et durabilité.
Un avenir pour ce projet
« Commercialiser ce projet serait un aboutissement pour moi. J'ai pu envoyer mon projet à un grand nom du tennis français : Patrick Mouratoglou. J'espère avoir une réponse ! »
Un stage en garage automobile
Actuellement en stage dans un garage automobile, Guillaume a pour mission de créer différentes décorations, comme des silhouettes de voitures, des voitures restylisées ou des pièces automobiles, certains prototypes étant réalisés en impression 3D. L'année dernière, il a effectué un stage chez Valeo, leader mondial de l'équipementier automobile, travaillant sur l'éclairage des voitures sans permis afin de les rendre plus facilement identifiables sur la route, notamment de nuit.
Et pour la suite ?
Guillaume poursuivra ses études en master design industriel à Lyon, avec l'ambition de monter un jour son entreprise dans le design industriel et/ou automobile. Son conseil aux étudiants souhaitant lier passion et projet professionnel : partir d'une passion, mais surtout la confronter à un problème concret, tester, remettre en question, et penser en termes de système.
Merci Guillaume pour cet échange et pour nous avoir fait découvrir les coulisses de FlowCourt, un projet qui illustre parfaitement la manière dont une passion peut devenir une véritable source d'innovation. Nous te souhaitons beaucoup de réussite pour la suite de tes études à Lyon, de belles expériences professionnelles, et surtout de continuer à imaginer, créer et développer des projets qui te passionnent.

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